EFT / Emotional Freedom Techniques
Positionnement thérapeutique, état de la recherche et comparaison avec d’autres approches
Ce document a été préparé pour faciliter le dialogue entre thérapeutes en EFT et professionnels de santé. Il ne constitue pas une revue systématique exhaustive de la littérature.
1. Qu’est-ce que l’EFT ?
L’EFT (Emotional Freedom Techniques) est une approche psychologique intégrative développée dans les années 1990 par Gary Craig.
Elle combine trois composantes:
- L’exposition cognitive (issue des thérapies cognitivo-comportementales /TCC) : à travers l’exposition graduée à une émotion, un souvenir ou une croyance perturbante.
- La stimulation sensorielle par tapping : le client tapote des points d’acupression sur le visage et le corps, ce qui active le système nerveux parasympathique et contribue à la régulation émotionnelle et physiologique du stress selon plusieurs études.
- La mesure de l’intensité émotionnelle : l’utilisation du SUD (Subjective Units of Distress, de 0 à 10) permet une évaluation structurée avant, pendant et après chaque séquence et met en évidence l’interaction entre les processus psychologiques, les sensations corporelles et la réponse physiologique au stress (approches de régulation émotionnelle et somatosensorielle).
Cette structure protocolaire standardisée rapproche l’EFT des approches évaluables scientifiquement, grâce à l’existence de protocoles reproductibles utilisés dans les études cliniques à la différence d’approches moins formalisées.
À ce jour, l’EFT dispose :
- L’EFT possède des protocoles standardisés et reproductibles.
- Il existe aujourd’hui plusieurs dizaines d’essais contrôlés randomisés.
- Des méta-analyses ont été publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture.
- Les effets observés concernent principalement l’anxiété, les phobies, le stress et le PTSD.
2. Origines et fondements de l’EFT
2.1 Contexte historique
L’EFT (Emotional Freedom Techniques) s’inscrit dans l’évolution de plusieurs approches psychocorporelles développées au cours du XXe siècle. Dans les années 1960, le Dr George Goodheart développe la kinésiologie appliquée, une approche explorant les liens entre stress, fonctionnement musculaire et points utilisés en acupuncture. Le Dr John Diamond, psychiatre australien, poursuit ces travaux en y intégrant une dimension émotionnelle et verbale. Ses recherches contribuent à l’émergence d’approches associant processus psychologiques, émotions et stimulation corporelle. Dans les années 1980, le Dr Roger Callahan, psychologue clinicien, développe la Thought Field Therapy (TFT), première méthode structurée associant la focalisation sur une difficulté émotionnelle à la stimulation de points d’acupression. Gary Craig, ingénieur de formation, praticien certifié en Thought Field Therapy et en Programmation Neuro-Linguistique (PNL), simplifie ensuite la TFT afin de créer un protocole plus accessible et reproductible : l’Emotional Freedom Techniques (EFT), publié au milieu des années 1990. Cette simplification a permis une diffusion plus large de la méthode ainsi que son évaluation progressive dans le cadre de recherches cliniques.
2.3 Compréhension actuelle de l’EFT
Si les premières explications de l’EFT reposaient principalement sur le modèle énergétique des méridiens, depuis 1990, les recherches explorent les autres mécanismes contribuant aux effets observés, notamment :
- l’exposition cognitive à des souvenirs ou émotions difficiles
- la diminution progressive de la détresse émotionnelle par désensibilisation
- la stimulation somatosensorielle induite par le tapping
- les processus de régulation émotionnelle et physiologique associés à cette stimulation.
3. Niveau actuel de reconnaissance scientifique et institutionnelle
Depuis une vingtaine d’années, l’EFT fait l’objet d’un nombre croissant d’études cliniques, notamment dans les domaines de l’anxiété, du stress, des phobies et du trouble de stress post-traumatique (PTSD). Plusieurs essais contrôlés randomisés, revues systématiques et méta-analyses ont été publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture. Bien que son niveau de reconnaissance institutionnelle demeure inférieur à celui des TCC ou de l’EMDR, le corpus scientifique consacré à l’EFT continue de se développer. L’EFT est aujourd’hui principalement envisagée comme une approche complémentaire pouvant s’intégrer, lorsque cela est pertinent, à une prise en charge médicale, psychologique ou psychothérapeutique, sans s’y substituer.
3.1 Une approche plus récente
L’EFT est une approche thérapeutique dont l’évaluation scientifique est encore en développement. En effet, à titre d’exemple, l’hypnose thérapeutique est utilisée et étudiée depuis plus de 100 ans et L’EMDR a été développée en 1987 et bénéficie de 35+ ans d’études, dont de nombreux essais multicentriques de grande envergure. Par contre, L’EFT a été formalisée dans les années 1990 et la recherche sérieuse est plus récente ( voir point 4.2).
3.2 Des défis méthodologiques spécifiques
- Difficulté de créer une condition placebo crédible (il est difficile de « faker » le tapping de façon convaincante).
- Les premières études avaient des échantillons de petite taille et les études récentes corrigent cela.
- Hétérogénéité des praticiens et des protocoles dans les premières années, renforçant les doutes sur la reproductibilité.
3.3 Ce qui existe aujourd’hui
La recherche actuelle montre des résultats solides et croissants :
- Une revue systématique publiée en 2022 recensait 56 essais contrôlés randomisés consacrés à l’EFT.
- Méta-analyses positives sur l’anxiété, la dépression et le PTSD.
- Effets biologiques mesurés : certaines études rapportent une réduction du cortisol et suggèrent une implication de circuits cérébraux liés à la réponse au stress, notamment l’amygdale.
- Les études comparatives ont rapporté des résultats similaires à ceux observés avec l’EMDR ou certaines interventions cognitivo-comportementales ( même si le niveau de preuves, étant donné la jeunesse des études sur l’EFT comparé à l’EMDR, est plus limité à l’heure actuelle)
- Plusieurs revues de littérature concluent que l’EFT répond aux critères habituellement utilisés pour qualifier une intervention de fondée sur les preuves (« evidence-based ») dans les domaines de l’anxiété, de la dépression, des phobies et du PTSD. Bien que son niveau de reconnaissance institutionnelle reste inférieur à celui des TCC ou de l’EMDR, le corpus de recherche s’est considérablement développé au cours des vingt dernières années.
4. Conclusion
L’EFT se distingue clairement par sa structure psychologique rigoureuse, son protocole standardisé et reproductible, et son corpus de recherche croissant. Elle partage plusieurs caractéristiques avec l’EMDR et les TCC, notamment le travail sur une cible psychologique explicite, la désensibilisation progressive et l’évaluation de l’intensité émotionnelle tout en se différenciant de l’hypnose par le maintien d’un état de conscience ordinaire et l’activation corporelle par le tapping.
Le niveau de reconnaissance institutionnelle actuel peut s’expliquer à la fois par la relative jeunesse du corpus de recherche et par la poursuite des débats concernant les mécanismes d’action et la qualité méthodologique de certaines études. Les données disponibles sont prometteuses et convergentes.
Références de la recherche en EFT
1. Résumé des études de niveau 1
Résumés issus des abstracts officiels publiés sur PubMed et dans des revues à comité de lecture (Juin 2026).Tous les résumés sont des paraphrases fidèles des abstracts officiels publiés. Les chiffres cités sont issus directement des publications originales.
1.1. Étude 1: Méta-analyse PTSD, Sebastian & Nelms
Sebastian B. & Nelms J. Explore: The Journal of Science and Healing, 2017. PubMed ID : 27889444
Contexte et objectif
Depuis deux décennies, l’EFT est de plus en plus utilisé par des cliniciens pour traiter le PTSD, l’anxiété et la dépression. Cette méta-analyse a été conduite pour évaluer l’efficacité de l’EFT dans le traitement du PTSD à partir des essais contrôlés randomisés (RCTs) existants.
Méthode
Revue systématique de bases de données pour identifier les RCTs examinant l’EFT dans le traitement du PTSD. Les RCTs ont été évalués selon les critères de qualité de l’APA Division 12 Task Force on Empirically Validated Therapies — l’un des standards les plus exigeants en psychologie clinique.
Résultats
- 7 RCTs ont répondu aux critères d’inclusion.
- Effect size global : Cohen’s d = 2.96 (p < .001) — qualifié d’« extrêmement large » selon les standards de Cohen.
- Aucune différence significative avec l’EMDR ou les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) dans les études comparatives directes.
- Aucun effet indésirable signalé dans aucune des études incluses.
- Les bénéfices sont maintenus dans le temps (résultats durables).
Conclusion
Une série de 4 à 10 séances d’EFT constitue un traitement efficace du PTSD dans des populations variées. L’EFT peut être utilisé en auto-soin et comme traitement evidence-based de première intention.
→ Lien : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27889444/
1.2. Étude 2: Méta-analyse PTSD actualisée, Frontiers in Psychology
Clond M. et al. , Frontiers in Psychology, 2023. PMC10447981
Contexte et objectif
Une seule méta-analyse existait sur l’EFT pour le PTSD avant ce travail (Sebastian & Nelms, 2017). Cette nouvelle revue systématique et méta-analyse constitue une mise à jour incluant les études plus récentes.
Méthode
10 bases de données ont été consultées pour identifier les revues quantitatives et les essais cliniques randomisés. 6 études ont répondu aux critères d’inclusion. La qualité des études et la taille des effets ont été évaluées.
Résultats
- Comparé à une liste d’attente, aux soins habituels ou à l’absence de traitement : effect sizes significatifs et larges, allant de 1.38 à 2.51.
- Comparé à des contrôles actifs (autres thérapies) : effect sizes de −0.15 à 0.79 , résultats similaires aux autres thérapies evidence-based.
- Populations étudiées : vétérans de guerre, survivants de violences sexuelles, adolescents, personnes incarcérées, patients hospitalisés, survivants de catastrophes naturelles et humaines.
Conclusion
Le traitement par EFT clinique produit des réductions significatives et importantes des symptômes de PTSD, avec des résultats comparables à ceux des thérapies reconnues.
→ Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10447981/
1.3. Étude 3: Méta-analyse Dépression (18 RCTs), Seok & Kim
Seok J-W. & Kim J.U.Korea Institute of Oriental Medicine, Journal of Clinical Medicine (MDPI), 2024. PMC11547174
Contexte et objectif
L’EFT suscite un intérêt croissant comme traitement potentiel des symptômes dépressifs. Cette méta-analyse vise à évaluer l’efficacité globale de l’EFT dans le traitement des symptômes dépressifs et à identifier les modérateurs influençant son efficacité.
Méthode
Méta-analyse de 18 essais contrôlés randomisés (RCTs) avec la réduction des symptômes dépressifs comme critère de jugement principal. Une méta-régression a exploré les modérateurs : format (individuel/groupe), durée, âge, sévérité de la dépression.
Résultats
- Effect size global de l’EFT sur les symptômes dépressifs : 1.268, qualifié de « large » selon les standards de Cohen.
- Les interventions en groupe sont plus efficaces qu’en individuel pour les dépressions.
- Les participants avec une dépression modérée tirent le plus de bénéfice.
- Les interventions courtes et bien structurées sont très efficaces.
Conclusion
L’EFT réduit efficacement les symptômes dépressifs, particulièrement en contexte de groupe et pour les dépressions modérées. Des interventions courtes et bien structurées peuvent optimiser l’efficacité du traitement.
→ Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11547174/
1.4. Étude 4 : Revue systématique Anxiété (7 RCTs), Choi, Sung & Lee
Choi S.H., Sung S-H., Lee G., Daegu Haany University, National Institute for Korean Medicine,Healthcare (MDPI), 2025. PMC12428011
Contexte et objectif
Cette revue systématique a évalué l’efficacité et la sécurité de l’EFT pour les troubles anxieux, en comparaison avec les thérapies conventionnelles et alternatives.
Méthode
Recherche documentaire exhaustive dans 9 bases de données électroniques jusqu’en février 2025 (PubMed, EMBASE, Cochrane, CINAHL, et 5 autres). Seuls les essais contrôlés randomisés en groupes parallèles utilisant l’EFT comme intervention autonome pour les symptômes anxieux ont été inclus. La qualité méthodologique a été évaluée avec l’outil Cochrane Risk of Bias 2.0.
Résultats
- 7 RCTs inclus, soit 506 participants au total. Populations variées : cliniques et non cliniques.
- Durée des interventions EFT : de 1 à 56 séances selon les études.
- Groupes contrôles : absence de traitement, entretiens de soutien, TCC, relaxation musculaire progressive, respiration diaphragmatique.
- Les 6 études comparant l’EFT à l’absence de traitement rapportent toutes des réductions significatives des symptômes anxieux en faveur de l’EFT.
- Comparé aux contrôles actifs : l’EFT montre des effets similaires ou supérieurs à la respiration thérapeutique et à la relaxation musculaire, et aucune différence significative avec les TCC.
- Biais principaux identifiés : mesures autorapportées et absence de double aveugle -> limites communes à toute la recherche en psychothérapie.
Conclusion
L’EFT apparaît comme une approche efficace et sûre pour les troubles anxieux, comparable aux thérapies actives de référence.
→ Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC12428011/
1.5. Étude 5: Revue systématique générale : 56 RCTs. Church, Stapleton et al.
Church D., Stapleton P., Vasudevan A. & O’Keefe T., National Institute for Integrative Healthcare (USA) & Bond University (Australie), Frontiers in Psychology, 2022. PMC9692186
Contexte et objectif
Depuis les années 2000, l’EFT clinique s’est répandu dans les milieux médicaux et psychologiques. L’EFT clinique (sous sa forme manualisée) avait déjà été validé comme approche evidence-based selon les critères de l’APA Division 12. Cette revue systématique constitue une mise à jour majeure de la littérature.
Méthode
Revue de 4167 résultats issus de bases de données académiques. Critères d’inclusion stricts : RCTs uniquement, protocole EFT clinique manualisé. 56 RCTs ont répondu aux critères (dont 41 publiés après la revue de 2013), ainsi que 8 méta-analyses.
Résultats par domaine
- Conditions psychologiques : PTSD, anxiété, dépression, phobies. Résultats significatifs et répliqués de façon indépendante.
- Conditions physiologiques : douleur chronique, insomnie, conditions auto-immunes . Réductions significatives.
- Performance : sportive et professionnelle. Améliorations significatives.
- Marqueurs biologiques : niveaux de cortisol, fonction immunitaire, expression génique. Effets mesurables.
- Des études de réplication indépendantes ont confirmé les résultats pour : anxiété, dépression, PTSD, phobies, performance sportive, niveaux de cortisol.
- Les méta-analyses montrent des « effects size » de modérés à larges.
Conclusion
L’EFT clinique répond aux critères de l’APA pour être qualifié d’approche evidence-based pour le traitement des conditions psychologiques et physiologiques. La base de preuves est suffisamment solide et diverse pour soutenir son utilisation clinique.
→ Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9692186/
1.6. Étude 6: Cortisol et stress biologique, Church, Yount & Brooks
Church D., Yount G. & Brooks A.J., Foundation for Epigenetic Medicine (USA), California Pacific Medical Center, University of Arizona , Journal of Nervous and Mental Disease, 2012. PubMed ID : 23075954
Contexte et objectif
Premier essai contrôlé randomisé de l’EFT à évaluer un biomarqueur physiologique objectif ; le cortisol salivaire. Le cortisol est l’hormone principale de la réponse au stress ; sa réduction est un indicateur biologique direct du soulagement du stress.
Méthode
83 sujets non cliniques randomisés en triple aveugle dans 3 groupes : EFT (séance d’une heure), entretien de soutien psychologique (SI), ou absence de traitement (NT). Le cortisol salivaire a été mesuré immédiatement avant et 30 minutes après l’intervention. Les symptômes psychologiques ont été évalués via le Symptom Assessment-45 (SA-45).
Résultats
- Réduction du cortisol : −24.39% dans le groupe EFT, contre −14.25% (SI) et −14.44% (NT); différence statistiquement significative (p < .03).
- Anxiété : −58.34% dans le groupe EFT (p < .05).
- Dépression : −49.33% dans le groupe EFT (p < .002).
- Sévérité globale des symptômes : −50.5% (p < .001).
- Étendue des symptômes : −41.93% (p < .001).
- La réduction du cortisol a suivi exactement la même trajectoire que l’amélioration psychologique, ce qui suggère un lien mécanistique.
Note de réplication
Cette étude a été répliquée en 2020 par Stapleton et al. (APA Journal) dans un format de groupe, avec une réduction encore plus importante du cortisol (−43%). La réplication indépendante renforce considérablement la validité de ces résultats.
→ Lien : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23075954/
1.7. Étude 7 : Le tapping comme ingrédient actif — Church, Stapleton, Yang & Gallo
Church D., Stapleton P., Yang A. & Gallo F. , Journal of Nervous and Mental Disease, 2018. PubMed ID : 30188385
Contexte et objectif
Une question centrale pour valider l’EFT comme thérapie est de savoir si le tapping sur les points d’acupression est réellement un ingrédient actif, ou s’il s’agit simplement d’un rituel placebo. Cette méta-analyse de « décomposition » (dismantling study) a été conçue pour répondre à cette question précise.
Méthode
Revue systématique et méta-analyse des études comparatives qui ont isolé et supprimé le composant tapping pour le comparer à l’EFT complet. Mise à jour par des corrections méthodologiques en 2020 et 2022.
Résultats
- Le tapping sur les points d’acupression est confirmé comme un ingrédient actif, non placebo, de l’EFT.
- Les études où le tapping a été supprimé ou remplacé par du tapping sur des points neutres montrent des effets significativement réduits, notamment sur les effets à long terme.
- La stimulation des points d’acupression contribue à la régulation à la baisse de l’activation limbique, indépendamment des autres composantes cognitives.
Importance clinique
Ce résultat est crucial : il démontre que l’EFT n’est pas simplement une technique d’exposition cognitive classique avec un rituel ajouté. Le tapping lui-même contribue à l’efficacité thérapeutique, ce qui distingue l’EFT des TCC standard.
→ Lien : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30188385/
1.8. Étude 8: Mécanismes physiologiques du tapping, Feinstein D.
Feinstein D. , Psychologue clinicien indépendant, USA , Frontiers in Psychology, 2025. PMC12671046
Contexte et objectif
Les protocoles de psychologie énergétique utilisant le tapping sur des points d’acupression, dont l’EFT est le format le plus largement étudié et utilisé, contribuent à une intégration des approches psychologiques et somatiques. Longtemps considérés comme marginaux, ces traitements font désormais l’objet d’une réévaluation scientifique sérieuse. Cette revue synthétise plus de 20 ans de recherche empirique pour fournir une évaluation complète de l’efficacité et des mécanismes sous-jacents.
Méthode
Revue narrative de plus de 200 essais cliniques, méta-analyses, investigations sur les biomarqueurs et études de décomposition (dismantling studies) accumulés depuis deux décennies.
Résultats sur les mécanismes d’action
- Mécanisme neurobiologique : le tapping génère des signaux électrochimiques qui modulent les régions limbiques (notamment l’amygdale) ainsi que les régions exécutives du cerveau, réduisant l’hyperactivation associée au stress et au trauma.
- Axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien) : les interventions EFT produisent une réduction mesurable du cortisol, correspondant aux améliorations cliniques observées.
- Immunité : amélioration de la fonction immunitaire mesurable.
- Expression génique : modifications dans l’expression de gènes liés à l’inflammation et à l’immunité.
- Les études de décomposition (dismantling) confirment que la stimulation des points d’acupression est un composant vital et non placebo de l’approche.
Données quantitatives de la base ACEP
La base de données de l’Association for Comprehensive Energy Psychology (ACEP) recense plus de 200 essais cliniques sur l’EFT/TFT publiés en anglais dans des revues à comité de lecture (dont 97 RCTs), plus 100+ essais dans d’autres langues. Plus de 99% de ces 300 études montrent des améliorations statistiquement significatives sur au moins un symptôme ciblé.
Conclusion
La recherche accumulée fournit un soutien substantiel à l’efficacité des protocoles de tapping sur points d’acupression. Les résultats cliniques sont cohérents, souvent obtenus avec une rapidité inhabituelle et une durabilité solide.
→ Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC12671046/
1.9. Étude 9: EFT virtuel vs présentiel, Boath, Church & Stapleton
Boath E.H., Church D., Stapleton P. , Healthcare (MDPI), 2026. EFT International
Contexte et objectif
Depuis la pandémie COVID-19, la délivrance de thérapies à distance s’est imposée. Cette étude compare directement l’efficacité de l’EFT en groupe virtuel (en ligne) versus en groupe présentiel, sur plusieurs indicateurs de santé psychologique et physiologique.
Méthode
Essai contrôlé randomisé comparant deux formats de délivrance d’EFT en groupe : virtuel et présentiel. Mesures pré/post sur plusieurs indicateurs : PTSD, anxiété, dépression, douleur et bonheur subjectif.
Résultats
- Les deux formats montrent des améliorations significatives (p < .001) sur tous les indicateurs mesurés : PTSD, anxiété, dépression, douleur physique, et bonheur.
- L’EFT en présentiel produit des résultats légèrement supérieurs, mais la différence n’est pas cliniquement significative.
- L’EFT en ligne produit des résultats cliniquement très significatifs et comparables au présentiel.
Importance clinique
Cette étude valide l’EFT à distance comme option thérapeutique à part entière, ce qui est particulièrement pertinent pour les populations éloignées ou à mobilité réduite, et pour les praticiens travaillant en téléconsultation.
2. Sources complémentaires
Études prometteuses, données préliminaires et sources spécialisées
Document à lire en complément du Document 1 (Sources Niveau 1. PubMed). Juin 2026
Avertissement préliminaire
Les études et sources listées dans ce document présentent des données intéressantes mais comportent des limites méthodologiques importantes. Elles ne doivent pas être pensées avec le même niveau de certitude que les sources de niveau 1. Elles témoignent cependant de la diversité des recherches en cours et peuvent être utiles pour illustrer des pistes d’exploration.
2.1. Études pilotes biologiques et de neuro-imagerie
Ces études sont pionnières mais à petits échantillons. Elles ouvrent des pistes importantes sur les mécanismes d’action.
1.Differential Gene Expression after EFT: A Pilot Protocol for Salivary mRNA Assessment
Maharaj M., Energy Psychology Journal, 2016
→ Analyse pangénomique avant/après une séance EFT. Changements dans l’expression de 72 gènes : inflammation régulée à la baisse, immunité à la hausse. Résultats très préliminaires.
2. Epigenetic Effects of PTSD Remediation in Veterans Using Clinical EFT
Church D., Yount G., Rachlin K. et al., American Journal of Health Promotion, 2018
→ 10 séances EFT chez vétérans PTSD. Changements dans 6 gènes liés au PTSD. Résultats intéressants, nécessitent réplication à plus grande échelle.
3. Neural Changes in Overweight Adults with Food Cravings after EFT (IRMf)
Stapleton P. et al. — OBM Integrative and Complementary Medicine, 2019
→ Première IRMf sur l’EFT. Zones cérébrales activant les envies alimentaires ne répondent plus aux stimuli après 8 séances. Résultats prometteurs, étude préliminaire.
4. Brain Changes after EFT for Anxiety: EEG et Cartographie Topographique
Divers auteurs, Clinical EEG Study, 2016
→ 76% des patients présentent rémission complète documentée en imagerie cérébrale. Première étude documentant des changements cérébraux après EFT. Nécessite réplication.
2.2. Études de résultats sans groupe contrôle
Ces études mesurent l’évolution des participants avant/après EFT, sans groupe de comparaison. Utiles cliniquement, mais ne permettent pas d’exclure l’effet placebo.
5. Clinical EFT Improves Multiple Physiological Markers of Health
Bach D., Groesbeck G., Stapleton P. et al., Journal of Evidence-Based Integrative Medicine, 2019
→ Amélioration mesurable de multiples marqueurs : cortisol, pression artérielle, immunité, expression génique après programme EFT.
6. 4-Day EFT Workshop: Pain −57%, Anxiety −40%, Depression −35%, Cravings −74%, Happiness +31%
Church D. et al., Explore: The Journal of Science and Healing, 2019
→ Résultats spectaculaires mais obtenus dans un contexte de workshop immersif. Les effets combinés du groupe, de l’attention et de l’EFT sont difficiles à démêler.
7. Skinny Genes: 6-Week Online EFT Program — Durable Weight Loss
Church D., Stapleton P., Raynor D. , Advances in Mind-Body Medicine, 2022
→ Perte de poids durable et amélioration psychologique après programme en ligne 6 semaines. Résultats intéressants.
2.3. Données issues de sources spécialisées EFT
Ces données proviennent de sites et organisations dédiées à l’EFT. Elles peuvent relayer des études réelles, mais la sélection des informations peut être biaisée.
8. 90% Drop in PTSD Symptoms after 6 weeks of EFT (Veterans Study)
Church D. et al., Référencé via The Tapping Solution / EFT Universe, 2016
→ L’étude RCT de référence est publiée dans le Journal of Nervous and Mental Disease (Church et al., 2013).
Source : https://www.thetappingsolution.com/science-research/
9. 300+ Energy Psychology Studies in Peer-Reviewed Journals
ACEP (Association for Comprehensive Energy Psychology) , Base de données ACEP, 2025
→ La base de données ACEP recense 200+ essais cliniques EFT/TFT en anglais + 100+ dans d’autres langues. Utile comme répertoire, la sélection peut néanmoins favoriser les études positives.
Source : https://eftuniverse.com/research-studies/
Ce document est un complément au Document 1 (Sources Niveau 1). À utiliser avec discernement. Juin 2026